Terreur – Dan Simmons

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1845, l’Erebus et le Terror, avec à leur bord 129 hommes d’équipage commandés par Sir Franklin et le capitaine Crozier, s’engagent dans les eaux de l’Arctique afin de découvrir le mythique passage du Nord-Ouest.

L’entreprise tourne toutefois au désastre quand ils se retrouvent prisonniers des glaces. L’expédition en péril, exposée en permanence aux morsures d’un froid extrême, à la faim et à la maladie, est en outre assailli par une mystérieuse créature qui transforme la vie à bord en cauchemar.

Quel est donc ce monstre aux griffes acérées qui massacre l’un après l’autre les marins ? Quel lien l’unit à Silence, jeune Inuit à la langue coupée en qui l’équipage voit une sorcière ?

Bientôt une mutinerie éclate, poussant le capitaine à conduire ses hommes sur la terre ferme… sans savoir que ce qui les attend est pire encore.


L’avis du Tanuki : paws 4 (paws 2 pour le rythme)


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Ce livre fait partie du challenge Coupe des 4 Maisons.

Objet Engorgio :
Un livre composé d’au moins 40 chapitres
(67 pour être exacte)


129 hommes et 2 navires à la pointe de la technologie victorienne à l’assaut des mers arctiques pour la gloire de l’empire britannique. Pas un instant, la presse n’avait douté de la réussite de l’entreprise : tout serait plié en un an tout au plus.

L’expédition Franklin n’a laissé aucun survivant.

J’ai découvert ce roman via un Lutin malin qui a su titiller l’amatrice d’Histoire et de fantastique que je suis. Et c’était pas gagné vu que je m’étais endormie sur le monument de Dan Simmons qu’est Hyperion !

Alors, dégageons immédiatement les points qui pêchent : ce livre est un pavé, genre vrai de vrai. Paragraphes denses, narration non linéaire et rythme très, très lent. On retrouve bien là la plume de Dan Simmons, pointilleuse à l’extrême.

Les amateurs apprécieront, pour ma part c’est un style qui me fait sauter les pages sans vergogne ^^; Je pense que ce roman gagnerait vraiment en tension si l’on dégageait un gros tiers – ce qui donnerait d’autant plus de relief à l’émotion son titre, terreur.

Car de la tension il y en a à la pelle. On a beau savoir que tous les membres de l’expédition sont condamnés, on suit avec une angoisse croissante la baisse des vivres, les morts plus ou moins accidentelles, et la paranoïa qui s’installe doucement dans cet univers ultra millimétré (Royal Navy oblige).

L’emprise lente mais impitoyable des glaces et du froid polaire nimbe l’action d’une aura aussi irréelle qu’une aurore boréale. Et la note de fantastique, délicate mais glaçante, qu’instille l’auteur dans ce récit, pourtant basé sur des faits réels, est pour moi ce qui fait tout le génie de Terreur.

Ours polaire géant ou monstre cauchemardesque ? Il flotte presque un air de Montagnes Hallucinées lovecraftiennes sur ces hommes prisonniers de l’enfer blanc. Et malgré une utilisation un peu bancale de la mythologie inuit, je suis restée pendant de longues pages sans savoir sur quel pied danser… c’est le genre de roman horrifique que je préfère !

Si vous voulez en savoir plus, je vous renvoie vers l’article de Boudicca qui liste qui plus est le très bon documentaire sur l’expédition Franklin qu’avait diffusé Arte.


TL : DR

Pour la gloire de sa très gracieuse Majesté, le HMS Terror est prêt à porter la civilisation par delà les mers des glaces. Enfin, si l’on oublie le froid, la faim et les cannibales mutins. A bord matelot si :

  • Vous aimez les aventures polaires – même celles qui finissent mal
  • Vous n’avez rien contre les pavés certes efficaces mais très denses
  • Vous cherchez un roman historique impeccable question documentation, mais qui se permet tout de même un twist fantastique maîtrisé

Terreur, de Dan Simmons – éditions Robert Laffont – 720 pages – ISBN 9782221107430

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21 réflexions sur “Terreur – Dan Simmons

    • Tanuki no Monogatari dit :

      Je ne savais pas 😦 Pfff encore un monsieur très fréquentable donc…

      Je ne connais pas très bien ses bouquins au final, tout ce que je peux dire sur Terreur, c’est que l’auteur aime insister sur les corps des « sauvages », hyper sexualisés.
      J’ai moyennement apprécié mais en même temps, ces propos sexistes faisaient sens dans le contexte homme-victorien-imbus-de-sa-culture-portant-la-civilisation-dans-le monde-sauvage. D’autant que plus le roman avance, plus le trope est renversé (=les sauvages sont bien loin d’être des sauvage justement)

      J'aime

  1. Maned Wolf dit :

    J’ai lu le premier tome d’Hypérion, ça m’a bien plu ces narrations croisées je dois dire 🙂 Du coup il se pourrait que je tente celui-ci, mais c’est pas impossible que je fasse comme toi et que je lise certaines pages en diagonale si le rythme souffre trop 😉

    Aimé par 1 personne

  2. Lutin82 dit :

    COOOOOLLL!
    J’adore ta critique et surtout ta conclusion. T’inquiète, tu n’es pas la seule à lire en diagonale les paragraphes un peu trop denses et laborieux!
    Contente de t’avoir suggéré cette lecture! Je vais le lire d’ici peu. 🙂

    Aimé par 1 personne

  3. Lup Appassionata dit :

    Bien belle chronique !!!
    Décidément, ce titre revient un peu trop souvent pour que je le délaisse encore (merci Lutin, Licorne, Bouticca… 😉 ) ! Dan Simmons est un auteur dont j’apprécie la méticulosité justement, donc pas question pour moi de sauter des pages, mais plutôt de m’en délecter :p
    Je suis déjà dans un pavé actuellement (« Ça » du King), donc celui-ci sera peut-être le prochain, ou Drood, qui sait ?
    Que de choix cornéliens en perspective 😉

    Aimé par 1 personne

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