La nature des choses – Charlotte Wood

Un grand merci aux Editions JC Lattùs/Le Masque pour leur confiance 🙂 Ce roman paraütra le 6 septembre prochain !


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Dix femmes emprisonnées au milieu du désert australien.

Dix femmes au crĂąne rasĂ©, vĂȘtues d’habits Ă©tranges.

Trois geÎliers, vicieux et imprévisibles, pour les surveiller.

Un jour, la nourriture vient Ă  manquer.

Pour elles comme pour eux.

Et les proies se changent en prédatrices.

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L’avis du Tanuki : paws 4


DerriĂšre ce rĂ©sumĂ© lapidaire, se cache un roman fĂ©ministe qui a fait grand bruit dans le monde anglo-saxon l’an dernier. J’en avais beaucoup entendu parlĂ©, alors quand j’ai vu dĂ©barquĂ© ce titre sur NetGalley, forcĂ©ment j’ai foncĂ© !

Oubliez vite l’idĂ©e de suivre un rĂ©cit construit de façon classique. Ici, l’histoire ne joue au final que les seconds couteaux – en tĂ©moigne la fin trĂšs ouverte et sibylline. Le monde Ă  la fois dystopique et terriblement proche de nous dĂ©peint par Charlotte Wood est surtout lĂ  pour faire passer un message.

Et quel message ! Sans s’embarrasser de bienpensance, le huis-clĂŽt qui s’installe dans ce trou paumĂ© de l’outback australien fait froid dans le dos… car il sonne bien trop juste. On dĂ©couvre que prisonniĂšres ont Ă©tĂ© exilĂ©es lĂ  Ă  cause d’hommes. Et on s’aperçoit aussi trĂšs vite que le principal ennemi de ces femmes… c’est elles mĂȘmes.

Avec une Ă©criture sensorielle qui prend aux tripes (poussiĂšre, chaleur, odeurs, sang), l’auteure dĂ©cortique au scalpel les comportements sexistes. Slut shaming, rapport au corps dismorphique, soumission au patriarcat, charge mentale, plafond de verre, tout y passe. Et on s’horrifie de trouver tous ces thĂšmes si familiers.

Les prisonniĂšres ont tellement intĂ©grĂ© le sexisme dans leur psychĂ© qu’on se prend Ă  vouloir dĂ©sespĂ©rĂ©ment les secouer. Unissez vous ! RĂ©voltez vous ! Le cƓur au bord des lĂšvres, on les voit passer Ă  cĂŽtĂ© d’occasions de reprendre le pouvoir, de se rendre Ă  nouveaux maĂźtresses de leurs vies. (Presque) en vain.

Une fois n’est pas coutume, je finirai sur une citation qui m’a rappelĂ©e cette rĂ©cente tribune de Titiou Lecoq:

Dirait-on que [les prisonniĂšres] avaient Ă©tĂ© abandonnĂ©es ou enlevĂ©es, comme on dit qu’une fille a Ă©tĂ© agressĂ©, une femme violĂ©e, avec chaque fois le fĂ©minin au centre, comme si les femmes en Ă©taient elles mĂȘmes la cause ? Comme si ces filles, en vertu de la nature des choses, s’Ă©taient fait cela toutes seules.

La nature des choses sous entend clairement que oui. MĂȘme en 2017, ĂȘtre une femme n’est dĂ©cidĂ©ment pas une sinĂ©cure…


TL : DR

Malgré sa forme parfois un peu déroutante, car plus symbolique que réellement narrative, si vous vous intéressez à la littérature féministe, je vous conseille vraiment ce livre. Assez court et présentant un axe un peu différent (mais tout aussi cruel et glaçant), il complÚte notamment plutÎt bien La servante écarlate de Margaret Atwood.

Si vous avez l’occasion de le lire, n’hĂ©sitez pas Ă  venir en discuter dans les commentaires car je serais curieuse de connaĂźtre votre avis !


La nature des choses, de Charlotte Wood – Ă©ditions JC LatĂšs– 288 pages – ISBN 9782702448533

7 réflexions sur “La nature des choses – Charlotte Wood

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